Mise en garde :

Ce point est potentiellement polémique. La « doctrine OSM» [telle que citée par OMS-fr] serait de considérer que seule l’appellation officielle doit figurer dans le tag : name.

Exclues donc les mentions bilingues : Mention officielle / Mention authentique ?

Pour autant,

  • des mentions bilingues figurent sur le territoire français : Bayonne / Baiona (et d’autres… Aidez-moi à les rencenser.)
  • la question du caractère officiel et de sa référence doit être précisée.

Tout d’abord,

La contribution des occitans n’est pas destinée à embarrasser les français. Bénévoles et passionnés, nous bénéficions de leur travail acharné, c’est pour le moins respectable. Il sont dans une démarche alternative généreuse que nous partageons.

Non, ils n’ont pas fait le travail à notre place, ils ont juste ouvert des possibilités…

La participation des occitans aux côtés des militants des autres langues minorisées de l’Etat français est plutôt à envisager comme l’occasion d’un débat fructueux sur les finalités d’OpenStreetMap.


La première étape pour nous les occitans est, il me semble, de démontrer notre capacité à une contribution massive (eu égard au territoire occitan), de qualité et harmonisée.

Ne brûlons pas les étapes, construisons durable… et ensemble.


Rappelons que nous concentrons nos efforts sur la restitucion de la forme authentique occitane. Les toponymes du sud pour l’essentiel ne sont pas français mais occitans. Ils ont été volontairement francisés (cf. l’Etat Justificatif des Noms qui présente en toute transparence ce processus historique volontaire.).

Nous ne proposons pas de traductions en occitan de noms français.

  1. – Le point sur l’officialité
  • Pour les toponymes :

En France, l’autorité toponymique est l’IGN. (Ses sources sont l’administration des Postes et du Cadastre, de l’ONF etc qui suivent leur propres règles.)

Sont soumis à la loi, les noms de communes et de certains point remarquables (limites d’état, sommets…). Les formes sont fixées par l’IGN : Etat Justificatif des Noms après Traitement toponymique[1]

Or, le jugement rendu après l’affaire des panneaux d’entrée de Villeneuve-lès-Magalonne (confirmée par notification ministérielle – Je vous promets de retrouver les références !), nous indique que si le multilinguisme n’est pas organisé par la législation, néanmoins la loi Toubon autorise que toute mention en langue régionale est autorisée si elle est accompagnée de la traduction française.

En conséquence si le tag source :name valable ne peut être que l’IGN (Etat Justificatif des Noms) la jurisprudence permet bien une double mention dès lors que la mention française figure.

  • Les microtoponymes :

Ils relèvent de la décision du Conseil municipal. Nombreuses sont les communes occitanes qui ont fait le choix d’une signalisation bilingue.

Voici ce que dit l’IGN :

[2]“Aucune législation ne gouverne les autres noms, dont l’orthographe et la prononciation résultent de l’usage local. Or cet usage n’est pas toujours fixé avec certitude, il peut varier dans le temps ou selon les personnes interrogées. C’est pourquoi la commission de toponymie a pour principe d’éviter tout systématisme, et de respecter les variantes graphiques attestées.[…]

Chaque particularisme régional est donc maintenu, que le toponyme appartienne à un parler d’oïl (nord de la Loire), d’oc (sud de la Loire), ou d’une autre origine : alsacien, basque, breton, corse etc. Le respect de l’usage local qui guide la commission de toponymie interdit toute tentative de traduction : il ne saurait être question de remplacer, par exemple, le basque Etcheberry par « maison neuve », ou le corse Monte di u Pinu par « sommet du pin ».

En relation constante avec les instances régionales et les spécialistes locaux, la commission s’efforce de suivre l’évolution de la toponymie dialectale, et par là même de conserver à la carte son caractère de document de référence en matière d’information géographique. »

La Commission toponymique occitane est en relation depuis sa création avec l’IGN. Pour autant la correction de la forme locale n’est pas encore réglée, en revanche, elle est en débat, surtout pour les microtoponymes.

  1. La Doctrine d’OpenStreetMap ?

Sur le plan international, la référence sont les rapports des Conférences des Nations Unies pour la normalisation des noms géographiques, dont la première eut lieu à Genève en 1967. Sont notamment demandés le respect de la forme authentique locale.

Or, nous le savons la France, ne respecte pas les Conventions et Traités internationnaux qu’elle a signés. (Cf. Condamnation renouvellée lors de l’examen périodique du PACTE à Genêve en juin 2016.)

Alors…

La Doctrine d’OpenStreetMap France est-elle de soutenir une ligne française rigide ou la jurisprudence voire de prendre un point de vue critique ? Nous ne pouvons suspecter les hardis promoteurs français d’OSM de reprendre à leur compte la position très particulière de la France sur les questions linguistiques. Sans doute l’idée d’une réflexion autonome n’est pas venue aux français qui ont tout simplement continué sur les vieilles habitudes centralistes jacobines sans se poser de questions. Et puis, ce n’est pas vraiment leur problème, prenons nos en mains. L’occasion est donnée d’y réfléchir ensemble.

  1. Le multilinguisme d’OpenStreetMap ?

Là je pense avoir besoin d’aide. J’ai cherché dans l’immense documentation disponible et je reste sur ma faim…

A part le fait de proposer des tags multilingues, il me semble que rien d’autre n’est prévu… (en l’état. Et vos contributions seront utiles à tous.)

Cela présente déjà l’intérêt de constituer une banque de donnée disponible pour des solutions futures. Et au vu de la masse d’informations à saisir ce n’est pas négligeable.

La Carte OSM, pour autant, demeure résolument orthodoxe. Les noms occitans au delà de la frontière, là où la langue a un statut officiel peuvent figurer : Italie et Espagne. En France, seul la mention officielle francisée figure.

  1. Qu’attendre du projet OpenStreetMap ?

La question se pose. Prenons en compte que ce projet n’est pas figé et contribuons à le construire. Les bretons, notamment, ont avancé sur une carte numérique consultable en ligne. D’autres ont édité des cartes papier de taille variable (ville ou région…)

Ce sont des techniques complexes et peu documentées, peu accessibles, sauf à quelques spécialistes, bref encore marginales.

Et puis ? S’agit-il de consulter, de contempler notre beau pays sur un écran ? Disons le clairement, le seul intérêt de s’investir dans le projet pour des alternatifs linguistiques est de disposer dans leurs applications de localisation géographique, dans leurs outils cartographiques mobiles de la carte dans la langue de la région. Et là, je n’ai rien trouvé …

  1. Une Carte OSM, multilingue ?

J’y vois, personnellement, la seule solution intéressante, la seule qui puisse engager des centaines de contributeurs bénévoles.

Un paramétrage des préférences de langue serait l’idéal. Il permettrait à l’utilisateur de la Carte OSM d’indiquer un choix de langues prioritaires. Par exemple : 1. occitan, 2. Français (par défaut).

 

Vos avis pertinents et informés, m’intéressent.

 

La fe sensa òbra mòrta es.


[1] La commission de toponymie contrôle et valide l’orthographe de ces noms et en cas de divergence entre les différentes sources décide de la graphie à adopter.

Il convient de signaler que l’intervention de la commission ne peut pas s’exercer sur les noms de communes ; en effet, ceux-ci sont régis par un ensemble de lois, dont la plus ancienne date de 1884, stipulant que « doit être considérée comme seule officielle l’orthographe que donnent les tableaux de la population des communes de France publiés par le Ministère de l’Intérieur à la suite de chaque dénombrement quinquennal ».

 

[2] www.ign.fr > Espace éducatif > Fiches thématiques > Toponymie > La science des noms géographiques © IGN

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